Le TREC est la compétition des cavaliers de randonnée. Une carte, une boussole, un cheval qui sait franchir un gué et une allure à tenir au chronomètre. Tu y retrouves tout ce que tu affrontes en extérieur, mais noté. Voici comment la discipline fonctionne et par où tu commences.
Ce que veut dire TREC
TREC est le sigle de Techniques de Randonnée Équestre de Compétition. La discipline est née chez les professionnels du tourisme équestre, qui cherchaient une façon de mesurer les compétences réelles d’un guide et de sa monture. Elle est aujourd’hui organisée en France par la Fédération Française d’Équitation, et à l’échelle internationale par la FITE.
Le principe tient en une phrase : reproduire les difficultés d’une randonnée sur un parcours jugé. Orientation, gestion de l’allure, franchissement d’obstacles naturels. Aucun décor artificiel, aucune figure de manège.
Les trois épreuves du TREC
Le POR, parcours d’orientation et de régularité
C’est la plus longue des trois et celle qui pèse le plus lourd au classement. Tu reçois une carte au départ, tu recopies l’itinéraire sur la tienne, puis tu pars seul en autonomie. Des juges postés le long du parcours relèvent ton heure de passage sans se montrer.
- Points perdus si tu sors de l’itinéraire tracé
- Points perdus si tu roules trop vite ou trop lentement par rapport à l’allure imposée
- Points perdus si tu mets pied à terre sans motif ou si tu reçois de l’aide extérieure
Le POR récompense donc la lecture de carte et le sang-froid, pas la vitesse. Un cavalier qui galope pour rattraper son retard finit souvent derrière un cavalier au pas qui sait exactement où il se trouve.
La MA, maîtrise des allures
Un couloir matérialisé au sol, deux passages. Au premier tu galopes le plus lentement possible sans casser l’allure. Au second tu reviens au pas, le plus vite possible, sans laisser ton cheval trotter.
Cette épreuve surprend tous les débutants. Un cheval sorti du manège galope volontiers vite et marche lentement. Le TREC demande l’inverse, et ça se travaille à la maison pendant des mois, sur des chemins, pas en carrière.
Le PTV, parcours en terrain varié
Un enchaînement de dispositifs qui reprennent ce que tu croises en balade :
- Le gué et le passage d’eau
- Le contre-haut et le contre-bas
- Les branches basses, à franchir couché sur l’encolure
- Le portail à ouvrir puis à refermer sans descendre
- La passerelle, le plan incliné, le slalom
- Le reculer et l’immobilité
Chaque dispositif est noté deux fois : sur le franchissement et sur l’allure choisie. Passer un contre-bas au pas, calme et droit, rapporte davantage qu’un passage réussi dans le désordre.
Les niveaux et l’engagement
Le TREC se court en épreuves Club, puis Amateur, puis Pro. Les épreuves Club raccourcissent le POR, allègent le PTV et tolèrent l’accompagnement. C’est là que tout le monde commence, quel que soit l’âge.
Pour t’engager il te faut une licence de compétition de la fédération, un cheval à jour de ses vaccinations et un club affilié qui t’inscrit. Les calendriers sortent par comité régional, et les épreuves Club se remplissent vite au printemps.
Si les bases te manquent encore, reprends d’abord le travail de fond côté randonneracheval.fr avant de viser une date.
Quel cheval pour le TREC
Aucune race n’est imposée et le classement le prouve chaque année. Ce qui compte tient en trois points :
- Des pieds solides, parce que le POR se court sur des chemins caillouteux
- Un mental posé face à l’eau, aux bâches, aux troncs et aux passages étroits
- Une capacité à travailler seul, loin des autres chevaux, pendant plusieurs heures
Les chevaux de randonnée, les barbes, les arabes croisés, les chevaux de trait légers et beaucoup de chevaux de club sans papier réussissent bien. Le cheval de sport habitué au seul rectangle de dressage a plus de chemin à faire.
Le matériel
Le règlement impose un équipement de sécurité et d’autonomie que tu emportes sur le POR. Prévois au minimum :
- Un casque conforme, porté sur toutes les épreuves
- Un licol et une longe accessibles sans démonter le harnachement
- De l’eau, une trousse de secours, une couverture de survie
- De quoi réparer une rêne ou une sangle sur place
- Une boussole, un porte-carte étanche et un compteur pour la distance
Côté selle, une selle de randonnée avec anneaux et panneaux larges reste le choix le plus confortable sur une journée entière. Le comparatif du site est sur cette page, et les sacoches adaptées sont détaillées ici.
Ce que le TREC change dans tes randonnées
Même sans jamais viser un podium, l’entraînement au TREC transforme un cheval d’extérieur. Trois effets se voient dès la première saison.
- Ton cheval accepte l’eau, les passerelles et les portails sans négociation. Tu arrêtes de contourner la moitié des chemins.
- Tu tiens une allure régulière et tu sais estimer une distance parcourue. Tes horaires d’arrivée deviennent fiables, ce qui compte quand tu réserves une étape.
- Tu lis une carte sans téléphone. Le jour où le réseau tombe ou la batterie lâche, tu continues.
Beaucoup de cavaliers viennent au TREC pour préparer une traversée en autonomie et restent pour la compétition. Le passage inverse existe aussi : des compétiteurs de club qui découvrent la randonnée par cette porte.
Les erreurs qui coûtent le plus de points
- Recopier l’itinéraire trop vite au départ. Cinq minutes gagnées sur la carte se paient en une heure d’errance.
- Partir avec un matériel obligatoire mal rangé. Une fouille de sacoche devant un juge coûte du temps et du calme.
- Travailler la MA tous les jours. Le galop lent est un exercice dur pour le dos, il se dose.
- Négliger le PTV parce qu’il rapporte moins que le POR. Les points y sont pourtant les plus faciles à aller chercher.
Par où tu commences concrètement
- Trouve un club qui sort en TREC. Sans club, tu n’as ni entraînement PTV ni engagement.
- Apprends la carte à pied avant de l’apprendre à cheval. Une carte au 1/50 000 se lit différemment d’une application de téléphone.
- Travaille la MA une fois par semaine, dix minutes, pas plus. Le galop lent fatigue le cheval s’il est répété.
- Construis trois dispositifs de PTV chez toi : une passerelle, un reculer entre deux barres, un portail. Ils couvrent déjà une bonne partie des difficultés.
- Sors en extérieur au moins une fois par semaine, seul, sur un itinéraire que tu as tracé toi-même.
Le TREC ne demande pas un cheval cher ni une écurie de compétition. Il demande des kilomètres, une carte et un cheval qui te fait confiance sur un terrain qu’il ne connaît pas. Les itinéraires pour t’y entraîner sont regroupés dans ce dossier.








