Alimentation du cheval en randonnée itinérante : ce qu’il faut emporter

Un cheval qui travaille plusieurs heures par jour sur une randonnée itinérante dépense beaucoup plus d’énergie qu’au pré, et il ne peut pas toujours compter sur une pâture de qualité à chaque étape. Voici comment gérer sa ration sans improviser au dernier moment.

Les besoins changent dès les premiers jours de rando

Un cheval au repos couvre l’essentiel de ses besoins avec du fourrage seul. Dès qu’il enchaîne plusieurs heures de selle par jour sur plusieurs jours consécutifs, sa dépense énergétique grimpe, et le fourrage seul ne suffit plus toujours à maintenir son état corporel, surtout sur un itinéraire de plus d’une semaine. Deux signaux à surveiller au fil de la randonnée :

  • La perte de masse sur la ligne du dos et les côtes, visible avant même que le cheval ne montre une baisse de tonus
  • Une récupération plus lente qu’au premier jour après un effort équivalent, signe que la ration ne suit plus la dépense

Foin, granulés ou pâture : ce que chaque étape permet

La solution change selon ce que propose l’hébergement de l’étape.

  • Pâture disponible sur place. La meilleure situation, à condition que l’herbe soit de qualité suffisante et que le temps de pâturage soit assez long pour compter réellement dans la ration du jour.
  • Foin fourni par l’hébergement. Vérifie sa qualité à l’œil et à l’odeur avant de le distribuer : un foin poussiéreux ou moisi peut déclencher des troubles digestifs ou respiratoires en pleine randonnée, loin de tout suivi vétérinaire.
  • Rien de prévu sur place. C’est le cas qui impose d’emporter sa propre réserve, en particulier sur les portions les plus isolées d’un itinéraire.

Ce qu’il faut emporter, et sous quelle forme

Le foin en vrac est volumineux et difficile à transporter sur plusieurs jours, surtout en bât ou en sacoches. Deux alternatives compactes existent :

  1. Les granulés de fourrage déshydraté, qui reconstituent une ration de fibres en volume réduit une fois réhydratés à l’eau, une solution pratique pour les étapes où aucun fourrage n’est garanti à l’arrivée.
  2. Les bouchons de luzerne ou de foin compressé, plus denses que le foin classique, qui réduisent nettement le volume à transporter pour un apport de fibres équivalent.

Une petite quantité d’aliment concentré, complément énergétique dosé, peut compléter la ration sur les étapes les plus longues, mais elle ne remplace jamais l’apport de fibres, qui reste la base du système digestif du cheval, en randonnée comme au repos.

Combien prévoir par jour

La règle générale reste un apport de fourrage représentant environ un pour cent à un pour cent et demi du poids du cheval par jour au minimum, à ajuster selon l’intensité du travail et ce que l’étape fournit déjà en pâture ou en foin sur place. Pour un cheval de selle standard, cela représente plusieurs kilos de matière sèche quotidienne, une quantité à anticiper dès la préparation de l’itinéraire plutôt qu’à découvrir sur le terrain.

Prévoir systématiquement une marge de sécurité pour un ou deux jours sans ravitaillement possible, en particulier sur les portions isolées d’un itinéraire évoquées pour le chemin de Compostelle ou pour une nuit en bivouac, où l’accès à un point de ravitaillement n’est jamais garanti.

L’eau, aussi importante que le fourrage

Un cheval qui travaille boit davantage qu’au repos, et une réduction de l’abreuvement ralentit directement le transit digestif, un facteur de risque de coliques bien identifié en randonnée itinérante. Repère les points d’eau sur ton itinéraire avant de partir, et ne néglige jamais une pause à un point d’eau fiable même si le cheval ne montre pas de signe de soif immédiat.

Introduire un changement d’alimentation en douceur

Passer du foin habituel du cheval à un foin local inconnu du jour au lendemain augmente le risque de troubles digestifs. Quand c’est possible, introduis le changement progressivement dès les premiers jours plutôt qu’en une seule fois, et garde un œil sur le crottin et l’appétit du cheval à chaque étape : ce sont les indicateurs les plus rapides d’un problème digestif en formation.

Anticiper avant de partir

  1. Contacte les hébergements de chaque étape pour savoir précisément ce qu’ils fournissent en fourrage
  2. Calcule la ration quotidienne nécessaire et compare-la à ce que chaque étape garantit
  3. Prévois le complément à transporter sous forme compacte pour les étapes qui manquent de fourrage garanti
  4. Emporte toujours une marge pour un imprévu de un à deux jours sans ravitaillement
Image de Marc D
Marc D

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