Construire un itinéraire de randonnée à cheval, c’est choisir une forme de parcours, partir des chemins équestres existants, vérifier que tu as le droit d’y passer, puis découper le tout en étapes que ton cheval tient sans s’user. Cette méthode suit le guide que la FFE a publié pour les créateurs d’itinéraires, ramenée à ce qui compte pour un cavalier qui prépare sa propre randonnée en France.
1. Choisir la forme du parcours
Le guide méthodologique de la FFE distingue quatre formes :
- En étoile ou en marguerite : des boucles autour d’une même base. Pas de bagages à déplacer, une seule adresse pour ton cheval.
- En boucles isolées : plusieurs circuits indépendants, chacun avec son point de départ.
- En boucles reliées : les circuits se touchent et tu passes de l’un à l’autre.
- Linéaire : d’un point A à un point B. Il faut un hébergement chaque soir et une solution de retour pour le van.
Pour une première randonnée en autonomie, l’étoile limite les risques : si ton cheval boite le deuxième jour, tu es déjà rentré.
2. Partir des itinéraires qui existent
Ne trace pas à partir d’une carte vierge. La FFE et son Comité national de tourisme équestre publient GeoCheval, une carte interactive des itinéraires de tourisme équestre en France. Tu y trouves :
- la durée, la difficulté et la description des circuits ;
- le type de revêtement : sentier, chemin, piste sablée, route ;
- les points d’intérêt : parkings, points d’eau ;
- les établissements labellisés Cheval Étape et Centre de Tourisme Équestre à proximité.
La version Classic est ouverte à tous. La version Premium, réservée aux licenciés FFE, ajoute le fond de carte IGN, le téléchargement et l’impression. Une application mobile existe depuis l’été 2024. Les itinéraires retenus sont balisés et inscrits au plan départemental des itinéraires de promenade et de randonnée (PDIPR).
Sur le terrain, cherche le balisage orange. C’est la marque officielle des itinéraires équestres, propriété de la FFE. Elle existe sous quatre formes : continuité du chemin, changement de direction, mauvaise direction et voie pour les attelages.
3. Vérifier que tu as le droit de passer
Un chemin inscrit au PDIPR a déjà été vérifié. Hors de ce plan, le statut du chemin décide de ton accès. Le guide de la FFE résume les cas :
| Type de voie | Accès à cheval |
|---|---|
| Chemin rural (domaine privé de la commune) | Autorisé, avec une réglementation du maire si le chemin ne supporte pas le passage |
| Route nationale, départementale, voie communale | Autorisé |
| Voie verte | Autorisé sauf réglementation affichée |
| Forêt domaniale | Selon la décision de l’ONF |
| Chemin de halage | Autorisé seulement s’il est aménagé en voie verte ou géré par la région |
| Plage | Réglementé par arrêté municipal |
| Chemin d’exploitation | Sur autorisation de tous les propriétaires |
| Chemin privé | Sur autorisation du propriétaire |
| Servitude d’accès au rivage | Interdit |
Pour un tronçon au statut incertain, le guide renvoie au cadastre. Dans un parc national, des règles propres s’ajoutent : notre article sur les Cévennes en donne un exemple.
4. Découper en étapes
Pour une randonnée de plusieurs jours, la FFE compte environ 25 à 35 km, soit 4 à 6 heures de cheval, entre deux hébergements. Ajuste ce repère :
- vers le bas en montagne, sur sol caillouteux ou par forte chaleur ;
- vers le bas les premiers jours, le temps que ton cheval trouve son rythme ;
- vers le bas si ton cheval n’a pas été préparé sur la durée.
Prévois une pause de midi avec de l’eau et un point d’attache. Et place un jour de repos sur une randonnée d’une semaine. Notre article sur la préparation physique du cheval t’aide à savoir ce qu’il tiendra.
5. Placer l’eau et les nuits
Une étape se construit à rebours : d’abord les hébergements, ensuite le chemin entre eux. Pour chaque soir, il te faut un lieu qui accueille ton cheval. Notre page sur le gîte d’étape liste ce que tu vérifies avant de réserver. Entre deux nuits, repère au moins un point d’eau sûr. Une eau stagnante ne compte pas.
6. Repérer les passages difficiles avant de partir
Le guide de la FFE conseille de contrôler le tracé sur carte, sur Géoportail et au cadastre, puis sur le terrain. Pour toi, cela veut dire :
- les traversées de routes à fort trafic, et les ponts étroits ;
- les passages à gué après de fortes pluies ;
- les pentes raides et les dévers ;
- les barrières, clôtures et portails à ouvrir ;
- les zones sans réseau téléphonique.
Note chaque difficulté sur ta carte avec une variante de contournement. Si tu connais un cavalier du coin ou un comité départemental de tourisme équestre (CDTE), appelle-le : il connaît l’état des chemins mieux que n’importe quelle carte.
Tes supports de navigation
- Une carte papier au 1:25 000 dans une pochette étanche. Elle ne tombe jamais en panne.
- La trace GPS sur ton téléphone, téléchargée hors ligne avant le départ.
- Une batterie externe pour tenir plusieurs jours.
- La fiche d’étapes : hébergeurs, numéros, heures d’arrivée prévues. Laisses-en une copie à un proche.
La liste de contrôle avant le départ
- Forme du parcours choisie selon ton niveau et celui de ton cheval.
- Tracé calé sur des itinéraires balisés ou inscrits au PDIPR.
- Statut de chaque tronçon hors balisage vérifié.
- Étapes de 4 à 6 heures au plus, plus courtes les premiers jours.
- Hébergement du cheval confirmé pour chaque nuit.
- Points d’eau et passages difficiles notés sur la carte.
Tu hésites encore entre partir seul et rejoindre un groupe encadré. Notre guide du séjour randonnée à cheval compare les deux options.








